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Pour cette seconde étape, elles payent lors de chaque passage 500 Fcfa (1 dollar) au moniteur.
Ce quils appellent là-bas le smig, cest le salaire dun haut cadre ici au pays.Lespoir dune vie meilleure, dun grand Amour tout comme la solitude, lennui, les manques affectifs, sexuels, sociaux (juste discuter, échanger) confessent nos enquêtées, font quun jour on vient au Net.Les Camerounaises rêvent de vivre et dêtre aimées comme dans «Santa Barbara» ou comme Julia Roberts dans «Pretty Woman».Le modèle à lorée du XXIe siècle place les TIC comme catalyseur social et Internet comme vecteur relationnel.Non que certains soient malhonnêtes, ou quils se prêtent les traits dautres personnes.Lorsque lon consulte les «fiches perso» 18 (nous y revenons plus loin) des Camerounaises à la recherche du prince charmant sur Internet, il apparaît clairement quelles sont à la recherche de lamour et dune sécurité sociale et économique.Colette Djuidjeu, sociologue et enseignante à lUniversité de Yaoundé 2 (Cameroun) ne dit pas autre chose quand elle affirme que «limagerie annonces de dames de la société au costa rica de prestige du mariage avec un blanc est dautant plus solide que les enfants métissés issus dune telle union sont privilégiés dans la société.Yaoundé est à six heures de vol de Paris ou de Genève.«Cyber, là-dedans, tas le ciel comme logiciel», chante Zazie 20 de manière sibylline.Quest ce que je cherche?Le récit finit par lavertissement de celle-ci à toutes les filles qui rêvent du prince charmant sur le Web : «Il ny a aucune sécurité derrière les annonces.28Choisir son pseudo et rédiger sa «fiche perso» constituent un indispensable rite de passage, qui entérine symboliquement lentrée dans la nouvelle communauté.



Les «fiches perso» 21 Fiches consultées sur affection.
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29Sur les sites, chacun peut jouer à être «un autre transformé par son texte, et transfiguré par le contexte, propice à tous les espoirs et à toutes les illusions.
Mettre ou pas sa photo?
8Quil sagisse du moniteur de cybercafé de Yaoundé ou du gestionnaire du courrier électronique de Bamako, ces nouveaux métiers, qui ont vu le jour grâce à lInternet, sont la résultante des ruses et tactiques de lhomme ordinaire, quévoque Michel de Certeau (1990), pour se réapproprier.

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