Les contacts noués entre syndicats ouvriers et paysans, permettent ensuite que des paysans viennent ravitailler à bas prix les grévistes, notamment à Nantes où un pouvoir populaire semble fugacement sinstaurer 43 43 Yannick Guin, La Commune de Nantes, Paris, Maspero.
Cette attention se retrouve lors des États généraux tenus à Strasbourg du 8 au, où des représentants de plusieurs villes universitaires (Angers, Poitiers, Aix-en-Provence, Orléans, Toulouse, Lyon et évidemment Strasbourg) évoquent ce souci de nouer des liens avec le monde ouvrier 24 24 AN 9800273/61, rapport.
Accompagnés par, jhon Rachid, Marc Aumont, directeur général de lentreprise Vehixel, Fabien Galthié, consultant sportif et, inès, étudiante en école dingénieur, passent au crible les principales idées reçues sur lemploi industriel.2, le, après une première manifestation spontanée la veille, près de trois mille étudiants marchent du Quartier latin vers lusine Renault de Boulogne-Billancourt à lappel du syndicat étudiant unef, défilant avec drapeaux rouges, poings levés.Dans un second temps lunité programmatique se réalise avec les syndicats ouvriers 38 38 CHT Nantes, fonds 1968, 11-5, appel commun à la manifestation.Au printemps 1968, cette rencontre dépend dans une large mesure des liens qui ont pu se nouer entre les organisations syndicales : dès lors, cest principalement dans lOuest du pays, en Bretagne et dans les pays de la Loire, quune telle rencontre sopère.Lévénement, qui met lordre social en crise en mai-juin, facilite ces rencontres et favorise ces métissages sociaux, mais ils se poursuivent tout au long des années.22 Au-delà de la Bretagne, la mouvance cégétiste sollicite également les paysans du modef, proche du parti communiste, pour développer ces mesures de ravitaillement.De même, à Grenoble, la demande formulée par leurs collègues de Neyrpic de pouvoir participer au piquet de grève, aux côtés des ouvriers, témoigne de cette rencontre entre salariés sur le lieu de travail, à la faveur de la grève, et de la jonction qui.En effet, de telles rencontres supposent des acteurs qui sécartent de leurs assignations sociales et subvertissent la fonction de certains lieux (luniversité pour les études, les usines pour la production, etc.).Les dirigeants fréquentent les mêmes cercles de réflexion et le même parti (le PSU) et utilisent le même vocabulaire.Tel est le cas des Deux-Sèvres et plus généralement dune bonne part des départementaux ruraux, mais également de lAlsace en dépit de la présence dune université : dans la région, seul le bassin mulhousien connaît une mobilisation certaine, qui contraste avec le caractère «poussif» du mouvement.Des témoignages, écrits (ou filmés) sur le moment même, ont été rendus public parfois avec un certain décalage temporel.Il se traduit notamment par des soutiens marqués de lépiscopat aux grévistes dans plusieurs grands conflits sociaux du printemps 1967, notamment dans la sidérurgie et les mines de fer de Lorraine ainsi que dans les Chantiers de lAtlantique à Saint-Nazaire 8 8 Archives nationales (AN 19820599/88.



Si les prêtres-ouvriers, à force dengagement rencontres folkloriques 2013 syndical, parviennent souvent à vaincre cette suspicion première, les étudiants établis la subissent quand leur «altérité» sociale est mise à jour.
Saviez-vous quil y a près de 250 000 postes à pourvoir dans lindustrie chaque année?
Ce phénomène, dont on a vu lantériorité, se poursuit dans laprès-68.À Grenoble et à Montpellier les étudiants participent aux manifestations et aux marches sur la préfecture.On voit comment le slogan «le privé est politique» prend tout son sens dans cette affaire et comment la revendication pour les jeunes filles et les femmes de pouvoir «disposer de leur corps» est à lordre du jour.La manifestation a été filmée par la télévision et la séquence a été souvent réutilisée dans les années ultérieures dans diverses émissions commémoratives comme preuve de la coupure entre étudiants et ouvriers.Jusquà 1968, ces convergences restent ponctuelles dans les différents conflits sociaux, mais elles soulignent la centralité de la question ouvrière.Sociologie du travail, un an avant la, revue française de sociologie.(titre dun ouvrage de Michel Rocard).Deux jours plus tard, le 26 janvier, les revendications salariales seffacent devant la mise en cause des violences policières : le meeting de protestation du personnel de plusieurs entreprises caennaises, auquel se joignent une centaine détudiants, dégénère en bataille rangée.Une telle liste témoigne de limportance que les intellectuels attachent aux luttes dusines dans les années 68 et dont ils témoignent par un engagement public.16 Dès lors, les lieux universitaires occupés deviennent parfois un espace de ressource pour des ouvriers qui séchappent de la tutelle cégétiste et viennent y puiser des arguments pour radicaliser leur grève.





La catégorisation administrative montre à quel point ce mélange des genres paraissait incongru et dérangeant, et pas seulement à la CGT.
À léchelon national, la Direction centrale des renseignements généraux en estime le nombre à plus de six cents : quatre cent cinquante en région parisienne et cent soixante-quinze en province, parmi lesquels quarante-trois demeurent en activité à lété 1968, dont sept comités dentreprise et trois comités.

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